Un éloge de l’ombre

Projet pour l’îlot 41a de la ZAC Andromède à Toulouse
Catégories : Bureaux

Le projet est le lauréat du concours pour la conception d’un programme de bureaux sur une parcelle de la ZAC Andromède, premier éco-quartier de Toulouse Métropole. Conçu d’après ses usages et la transition urbaine qu’il opère, le bâtiment que nous avons imaginé fonctionne comme un écosystème, dont la structure béton et le jardin arboré composent un théâtre d’ombre et de lumière.

L’écotone, transition urbaine – le traveling urbain – la mobilité

Par sa faible hauteur, ses jeux de terrasses et son traitement paysager, le projet opère la transition entre le maillage urbain de la ZAC et celui, plus souple, du lotissement mitoyen. Le découpage architectural offre une séquence alternant bâti et jardins qui participe, avec le traitement cinétique de la façade, au grand traveling urbain.

L’effet cinétique des lames de béton verticales de la façade est amplifié, pour les cyclistes, les passagers du tram et des voitures, par les variations de la lumière au fil de la journée. A distance, depuis le cours Pinot ou le long de l’avenue, le jeu d’ombre et de lumière sur les façades crée un évènement architectural à l’élégance intemporelle.

Une architecture à vivre – de l’intérieur vers l’extérieur

Loin d’une architecture héroïque, où le souci d’une forme singulière domine le fond, nous nous sommes inspirés des usages pour déterminer une architecture tournée vers la fonctionnalité, le confort, le bien-être au travail et la fluidité des circulations. La réflexion sur la qualité de vie au travail s’est prolongée vers la qualité de vie tout court, en augmentant les besoins primaires d’une activité tertiaire par des infrastructures de loisirs. Les terrasses sont ainsi mises à profit pour le sport et la détente, tandis que le restaurant et les jardins offrent toutes les possibilités pour le déroulement d’une belle journée. Les balcons et galeries extérieures, inédites dans l’architecture tertiaire, offrent une respiration à la structure comme à ses occupants.

La façade – dessiner l’ombre, ciseler la lumière.

Les façades font l’objet de deux traitements différenciés.

Au sud et à l’ouest, où le soleil tape le plus fort, la façade vitrée est doublée, à profondeur variable, par une structure béton autoportée animée par des lames verticales de béton préfabriqué. Cette seconde peau endosse plusieurs fonctions :

— Filtre thermique et solaire : plus ou moins avancées par rapport à la façade vitrée selon l’élévation et l’orientation, les dalles béton agissent comme brise-soleil le midi. Le matin et l’après-midi, les lames verticales filtrent le rayonnement solaire, elles se resserrent avec l’élévation pour mieux protéger les bureaux.

— Balcons et galeries : pour respirer, téléphoner ou lire au calme, les balcons sont un prolongement extérieur des bureaux, qui participent au bien-être au travail. Cet apport fonctionnel est inédit dans l’architecture tertiaire classique, lisse et cloisonnée, qui délimite sans échanges entre l’intérieur et l’extérieur. La profondeur des balcons varie selon l’orientation ou l’élévation d’ 1 m à 1,5 m.

— Accès technique pour l’entretien de la façade vitrée.

— Interface graphique et cinétique : au fil de la course du soleil, la lumière filtrée par les lames de béton dessine des portées d’ombre sur le sol et le mobilier. De l’extérieur, la vitesse du déplacement et l’intensité de la lumière jouent sur la perception des façades.

— Acrotère : En R+3, la façade se prolonge en hauteur pour masquer les équipements techniques placés en toiture.

Au nord et à l’est, la façade se compose d’une alternance de vitrages et de panneaux pleins en béton, étirement des lames verticales des faces opposées.

Parkings réversibles – prévoir l’évolution et encourager la mutation vers les modes doux.

Pour répondre à la demande actuelle de 375 places de stationnement, deux parkings sont prévus : en sous-sol et au rez-de-chaussée, accessibles par deux rampes à l’extrémité Est du bâtiment.

Le parking du rez-de-chaussée est abrité par le corps principal du bâtiment. Avec sa hauteur de 3,5 m de dalle à dalle identique à celle d’un étage, ce parking ouvert bénéficie de la lumière et d’une ventilation naturelle. Selon l’évolution des besoins en termes de bureau et la mutation vers des modes de déplacement doux, ce parking pourra se transformer pour offrir un complément de 3400 m² de bureaux.

Cultiver l’ombre et la fraîcheur grâce aux jardins et terrasses – créer un écosystème autosuffisant à la gestion simplifiée

L’imbrication du minéral et du végétal poursuit la recherche d’ombre et de fraîcheur de l’ensemble du projet, en portant l’ambition paysagère et environnementale de la ZAC. En extension des bureaux, les nombreuses terrasses arborées ou plantées améliorent la qualité de vie des usagers et renforcent le confort thermique et la maîtrise énergétique du bâtiment. Le projet environnemental est soutenu par une palette végétale locale nécessitant peu d’entretien.

État du projet

— Études : 2018 – 2019

— Chantier : 2020 – 2023

— Livraison : 2023

Surfaces

— 25 000 m² SDP

Coût

— 100 M

Chef(s) de projet

— Marcin Wieczorek