Monolithe

Construction d’une résidence foyer de 96 studios
Catégories : Logements

Véritable sculpture architecturale, le foyer de Boulogne-Billancourt dédié aux travailleurs de chez Renault est né de son contexte urbain.

Insérer une pièce forte dans un contexte contraignant

Le bâtiment est une réponse tant à son programme propre (studios, locaux de services, services collectifs type cafétéria, administration) qu’à un ensemble d’éléments contextuels auxquels le projet s’est confronté et avec lequel il joue. Situé sur la parcelle d’un macrolot, à l’angle formé par la rue Yves Kermen et la Grande Traverse, le bâtiment devait répondre à plusieurs enjeux :

  • S’insérer dans son environnement urbain et parvenir à exister dans la mitoyenneté d’un programme de bureaux imposant par sa masse et son échelle, composé de façades métalliques lisses.
  • Assurer la transition d’échelle avec le petit ensemble de logements collectifs à venir le long de la Grande Traverse.
  • Assumer l’importance particulière conférée par sa situation d’angle, à l’échelle du piéton et sur le plan de son insertion dans le quartier.
  • Offrir une résistance à l’environnement urbain.
  • Faire exister le bâtiment de taille modeste au sein d’une densité construite.

Cet ensemble de contraintes est à l’origine de l’esthétique du projet : un volume à cinq faces, à la fois simple et complexe, tranchant et dense, qui s’affirme dans sa compacité à la manière d’un monolithe. Cette forme de silex sculpté parvient, dans sa forme et sa couleur, à offrir une densité visuelle et à créer la résistance requise.

La liberté en volume

Le bâtiment est conçu comme un volume plié, assurant le passage du R+4 au R+8 en une façade oblique. En s’émancipant du retrait en attique imposé par le PLU et en le détournant, le bâtiment s’affirme dans un volume extraverti créé par les plans inclinés des façades ; l’angle sur la Grande Traverse et l’îlot est ainsi également plié, permettant de dégager les vues vers l’intérieur de l’îlot et de réduire l’impact physique d’une façade verticale.

Une peau qui accroche la lumière

La peau en bardage métallique, de couleur bronze et au calepinage régulier, contribue à donner à ce volume sculpté une forte densité malgré sa petite dimension au regard de l’échelle des bureaux ; elle permet également d’animer le bâtiment grâce au jeu de lumière qu’elle suscite.
Cette animation de la masse construite est accentuée par le positionnement des baies et des jalousies : les baies identiques viennent en effet occuper les façades Nord, Sud et Ouest dans une composition aléatoire privilégiant les orientations Est et Ouest ; elles sont disposées au nu extérieur dans les façades courantes et en creux dans les façades obliques, accentuant ainsi les effets d’ombre et de lumière.

Les jalousies assurent l’occultation des baies et sont constituées du même matériau que la façade : elles viennent hérisser l’aspect du silex lorsqu’elles sont ouvertes ou au contraire conforter le caractère hermétique et sculptural du bâtiment lorsqu’elles sont fermées – celui-ci atteignant l’abstraction d’un objet esthétique dont le volume et la matière ne sont pas sans évoquer le travail de Richard Serra.

Démarquer le rez-de-chaussée

Le rez-de-chaussée et la séquence d’entrée travaillent à une interpellation du regard : dédié à la cafétéria et à l’administration, le rez-de-chaussée est attractif à l’échelle du piéton. Très largement vitré, il est en léger retrait, creusé dans la masse pour manifester l’angle. La sous-face du plafond est affirmée par une couleur orange métallique très vive qui fait directement écho au traitement de la façade mitoyenne des bureaux, de même couleur ; ce choix permet d’assumer le pignon imposé et de marquer la séparation des deux programmes. Ces deux surfaces orange vif et le léger porte-à-faux en vitrage viennent ainsi troubler la perception de l’ensemble, en jouant du contraste entre le poids d’un volume dense et la fragilité du verre à son soubassement.
L’entrée est traversante et permet de rejoindre le jardin collectif du macrolot.

Des surfaces fonctionnelles et confortables

Les 96 logements répondent à un système normé de superficies similaires. Les larges ouvertures des fenêtres permettent d’accroître l’espace habité par les vues qu’elles offrent et d’assurer un ensoleillement maximum.
Les locaux de services (laveries, salle de réunions etc.) sont implantés sur la partie Est du bâtiment correspondant au pignon : des bandes verticales réalisées en panneaux de verre translucide assurent ainsi un éclairement naturel sans aucune vue directe.

Le bâtiment se donne donc à voir comme un volume homogène, autonome et dense, habillé d’impressions et de teintes multiples grâce à ses jeux de lumière, d’ouvertures et de plans. Le monolithe offre une perception mouvante et sollicite le regard à chaque instant.

État du projet

— Conception : 2007

— PC déposé : juillet 2009

— Chantier : sept. 2010

— Durée du chantier : 18 mois

— Livraison : janvier 2012

Maîtrise d’ouvrage

— ICADE CAPRI

Lieu

— Boulogne Billancourt

Surfaces

— SHON : 2 668 m²

— SHAB : 2 002 m²

— S.U. : 2 274 m²

Coût

— 3,6 M€

Co-Traitant(s)

— HDM ingénierie S.A. superstructure

— SOL conseil sol

Chef(s) de projet

— Annabelle Maze

— Pierre-Antoine Sahuc

Mission

— Complète

Caractéristiques

— THPE 2005

— Certification habitat et environnement

Crédits

— Photographies : Simon Deprez