Campus urbain – ZAC du Moulon

Étude urbaine pour le développement d’un quartier mixte à vocation de recherche scientifique
Catégories : Urbanisme

L’Établissement Public Paris Saclay (EPPS) est en charge de l’aménagement de la ZAC du Moulon, qui vise à développer un quartier mixte à vocation de recherche scientifique forte. Cette ZAC est située à l’ouest du Plateau de Saclay sur un site accueillant déjà divers établissements de recherche et d’enseignement supérieur (Supélec, université Paris Sud, INRA, CEA…).

La réalisation du projet est conduite en étroite collaboration avec les différentes collectivités : les communes de Gif sur Yvette, Orsay et Saint Aubin, la Communauté d’Agglomération du Plateau de Saclay (CAPS), le Conseil Général et le Conseil Régional, ainsi que la Fondation de Coopération Scientifique (FCS) qui représente le 23 acteurs économiques et scientifiques de Paris-Saclay.

Les objectifs envisagés de l’opération d’aménagement du Moulon, qui définissent plus globalement le campus urbain du Sud du Plateau de Saclay, sont les suivants :

– créer un quartier ouvert et mixte, composante du projet de cluster Paris-Saclay et du campus urbain Sud du plateau ;

– permettre l’accueil des établissements d’enseignement supérieur et de recherche ainsi que les établissements de hautes technologies dans de bonnes conditions ;

– améliorer la desserte transport en commun du site et remailler l’ensemble du quartier au niveau des circulations routières et douces ;

– intégrer le TCSP reliant les autres pôles du cluster ;

– accueillir une station du métro Grand Paris Express allant d’Orly à Versailles ;

– créer un cadre de vie urbain et animé grâce à une certaine compacité et à une mixité de programmes (activités économiques et scientifiques, logements, commerces, services…) permettant des proximités d’usages et l’accès à des équipements ouverts à tous ;

– restructurer et développer les espaces publics et mettre en place une trame paysagère importante requalifiant le quartier ;

– gérer le phasage du projet par des processus de préfiguration paysagère permettant d’éviter les friches ;

– réaliser une opération exemplaire en termes de développement durable en gérant de manière collective et innovante les enjeux liés à l’énergie, la gestion des eaux pluviales et l’assainissement.

Le projet urbain du Moulon

La recherche de proximités scientifiques a conduit l’ENS Cachan à identifier la plaine du Moulon comme lieu d’implantation privilégié, en raison de la présence sur place de ses partenaires, l’Université Paris-Sud et Supélec, et de l’arrivée prochaine de l’École Centrale Paris. Les travaux menés par MDP et XDGA-FAA, dans le cadre du schéma directeur campus, puis par MSTKA, ont permis d’affiner les principes de localisation des différents programmes d’enseignement supérieur.

La mise en œuvre d’un projet d’ensemble

La plaine du Moulon s’étend sur environ 300 ha sur les communes d’Orsay, Gif-sur-Yvette et Saint-Aubin et constitue l’un des principaux sites de développement du sud du plateau de Saclay. Une partie de sa superficie est d’ores et déjà urbanisée avec une succession d’établissements d’enseignement supérieur, de centres de recherche et d’activités économiques. Il est destiné à accueillir l’un des principaux lieux de polarité du campus urbain du sud du plateau, avec un objectif de compacité et de mixité des différents programmes.

Le site fait l’objet d’une procédure de zone d’aménagement concerté (ZAC), dont l’initiative a été prise par le conseil d’administration de l’établissement Public Paris-Saclay en juillet 2011 en vue d’un dossier de création et de réalisation fin 2013.

La mise en œuvre des procédures opérationnelles s’accompagne d’une évolution des documents d’urbanisme communaux (PLU) des 3 communes.

Dans le prolongement des études menées par l’équipe Desvigne, l’équipe de maîtrise d’œuvre urbaine MSTKA, conduite par l’urbaniste Saison Menu avec le paysagiste Taktyk, est chargée d’accompagner l’EPPS dans la durée pour la mise en œuvre opérationnelle du projet urbain à l’échelle de la ZAC.

Principes d’aménagement

L’ambition du projet est de fabriquer un quartier propice à la rencontre et à la synergie des différentes populations. Pour accueillir les futurs étudiants, chercheurs, salariés et habitants, il s’agira de créer de véritables quartiers de ville comprenant lieux de travail et d’étude, mais aussi espaces publics de qualité, lieux de vie et de services partagés. Une attention particulière sera apportée aux équilibres et aux proximités des différentes programmations, au dimensionnement et aux usages des espaces et des équipements publics, au fonctionnement urbain selon les différents rythmes des publics et des temps de la ville.

Plusieurs lieux d’intensité urbaine – ou polarités – animeront le futur quartier, en lien avec l’organisation des transports en commun :

– Autour de la future gare du métro Grand Paris Express, la polarité métropolitaine se veut le lieu de forte densité et attractivité du campus urbain. Implantée sur un vaste espace public, le Deck, s’étendant d’est en ouest, accueillera ce lieu de polarité ouvert et mixte regroupant différents types d’activités récréatives et collectives liées au campus, services, logements et commerces.

– Le quartier Joliot-Curie constituera une polarité nouvelle articulant ville et campus. Autour d’une station du transport en commun en site propre (TCSP) et d’un vaste espace public, l’Esplanade des Sciences, cette polarité réunit une mixité de fonctions : l’Ecole Centrale et Supélec, des logements étudiants et familiaux, des équipements partagés et des commerces. Conçu par l’équipe OMA et d’Ici Là Paysagistes, le quartier constitue l’occasion de mettre en œuvre l’ensemble des ambitions urbaines et paysagères définies à l’échelle de l’opération.

Le projet met en œuvre une mutualisation des équipements destinée à amorcer une dynamique d’échange entre les différents publics, étudiants, entrepreneurs, habitants, chercheurs. Les nouveaux établissements d’enseignement supérieur ne s’implanteront donc pas chacun dans son domaine fermé, mais bien comme les parties intégrantes d’un tout ouvert. Ils partageront ainsi certains équipements, à la fois entre eux et avec d’autres usagers, et trouveront une partie significative de leurs locaux répartis dans une maille fine à l’échelle du quartier. Symbole de cette mutualisation, le futur Learning Center sera le bâtiment phare de l’Université Paris-Saclay. Ce sera le lieu de la connaissance (équipement de mutualisation de la bibliothèque réinventée pour l’âge numérique), du partage, de la coopération et du rayonnement.

La mise en place d’une trame orthogonale permet de mailler et de renforcer les voiries existantes en partie décousues ou illisibles, mais aussi de structurer spatialement un quartier fait aujourd’hui de bâtiments et de lieux singuliers qu’il s’agit de transformer, de recomposer et de délimiter. Elle garantit la préservation d’une certaine évolutivité dans les usages et de capacités de développement ultérieur. Cette maille nouvelle permet également d’organiser le report modal vers les modes doux et les transports en commun. La proximité et la facilité d’accès aux transports en commun sur le site (bus en site propre et métro Grand Paris Express) sont mis en évidence afin d’encourager leur utilisation.

Enfin, l’ambition du projet est très grande du point de vue de la qualité paysagère et environnementale. Cette attention apportée aux enjeux de durabilité, au confort des espaces publics, à la mise en valeur des atouts du territoire et notamment en relation avec le grand paysage, repose sur la conviction forte qu’ils constituent à la fois un vecteur d’attractivité internationale et une condition nécessaire à la bonne intégration du projet dans son environnement.

La maille : différencier les usages

La maille constitue l’ossature même du plan urbain. Outil essentiel de désenclavement, elle permet la mutation d’un espace fragmenté aux bâtis insulaires en un territoire traversé et unifié. Elément structurant du projet, elle se caractérise par sa performance. La maille est un outil :

— Strategique (phasage)

La maille crée les conditions d’un système qui conserve une ouverture temporelle – autrement dit, les principes de son renouvellement.

Le Moulon, champ urbain ouvert à son devenir, doit fonctionner aujourd’hui, c’est-à-dire présenter un espace organisé et identifiable, tout en étant capable d’accueillir d’ici quelques années de nouveaux programmes, sans qu’un plan urbain rigide ne le ferme à ces possibilités.

La maille permet donc d’assurer cette projection temporelle tout en évitant l’étalement ou des greffes non maîtrisées. Elle permet d’atteindre ce très haut niveau de flexibilité et d’ouverture à la différence et à la transformation, tout en offrant une structure forte au territoire.

— Pragmatique (gestion des flux et de l’eau)

La maille irrigue, assure les points de contacts et les traversées du site. Elle est à la fois le squelette et la sève du campus. Elle est porteuse de gestion des flux, qu’il s’agisse des mobilités (à petite ou à grande échelle, des modes doux ou du transport routier) ou de l’eau. Elle favorise donc des mobilités tout en assurant leur maîtrise et leur hiérarchisation.

Ainsi, tandis que les axes orientés Est-Ouest portent les flux à l’échelle métropolitaine (métro, TCSP, RD128) et permettent également de desservir l’ensemble du campus, les axes orientés Nord-Sud sont les supports de gestion de l’eau, du paysage, des modes doux et de la desserte fine des îlots.

— Opportuniste (qualification des espaces)

Cette fonctionnalité se redouble alors de sa capacité à qualifier les espaces urbains : portée par la volonté de trouver des conditions d’usage du sol qualitatives et de doter le campus du Moulon d’un sol aux caractéristiques contrastées, la maille contribue à qualifier les espaces selon cette hiérarchisation et cette orientation des flux.

Elle amène, selon ces grandes orientations géographiques, divers usages en cohérence avec les données du site, qu’elles soient d’ordre topographique (bassins, versants) ou qu’elles soient liées aux données de transit et de mobilité ; porteuse d’eau et de la matrice paysagère dans un axe N/S, elle contribue au caractère métropolitain du campus dans sa traversée O/E.

La maille, différenciée et non uniforme, organise les échanges et les rencontres possibles des usagers du campus, elle est porteuse de différenciation des usages tout en conservant sa performance d’outil essentiel dans le projet urbain.

Générer un écosystème urbain

La matrice paysagère repose sur le système de maillage. Elle développe le capital nature du campus en répondant aux objectifs de connexion des espaces ouverts qui favorise l’écologie urbaine du campus.

Déclinée en une palette d’espaces ouverts, elle constitue les espaces primaires des déplacements dans le campus.

Au travers des différents aménagements d’espaces publics, il s’agit de renforcer la lisibilité d’une structure paysagère, de lisière à lisière, du coteau boisé au sud aux parcs au nord.

Maîtrise d’ouvrage

— Établissement Public Paris Saclay

Lieu

— Paris Saclay (91)

Surfaces

— 330 ha

— 870 000m² SDP

Co-Traitant(s)

— MSTKA

— Isabelle Menu & Luc Saison : Architectes urbanistes mandataires

— TAKTYK : études paysagères

— ARTELIA : bureau d’étude

Chef(s) de projet

— Annabelle Maze

— Julie Dubrovsky

— Rodolphe Liaigre

— Clément Bisiaux

— Quentin Gerard

Perspectives

— Saison Menu + POLAROÏD / Yann Debril

Mission

— Maîtrise d’oeuvre urbaine et d’études opérationnelles urbaines, paysagères et techniques du quartier du Moulon

— Élaboration du plan guide

— Urbaniste de secteur des quartiers du Belvédère, d’Arsonval, Ouest ENS

— Maitrise d’œuvre des infrastructures