Campus gare de Roubaix

Aménagement de la concession du quartier de la gare à Roubaix
Catégories : Urbanisme

Couvrant une superficie de 14 hectares, le projet « Campus-Gare » constitue une pièce urbaine de première importance dans la structure de la ville de Roubaix, tant par son échelle que par sa position centrale et stratégique. Ce quartier de gare est depuis de nombreuses années en déshérence. Une paupérisation des lieux s’est opérée, les espaces dédiés aux commerces ne se sont jamais pérennisés ; les immeubles désaffectés ont été rasés au fur et à mesure des départs des habitants, produisant de vastes espaces vacants et désertés.

Quand la nature reprend ses droits

La déliquescence de l’urbain a également été à l’origine d’une forme de renouveau et a engendré, comme souvent en pareil cas, l’apparition d’une végétation spontanée, abondante et diversifiée. La nature a ici réinvesti les délaissés de l’urbanisme, colonisant les flancs des voies SNCF, s’élargissant au gré des situations, se muant en jardins potagers collectifs, bordant des îlots denses, s’installant autour d’une ferme urbaine…

Cette situation est alors devenue un véritable levier de projet. Au fil du temps en effet, la programmation de ces différents espaces a donné naissance non seulement à des séquences paysagères importantes et remarquables – tel le vaste parc du Brondeloire – mais elle a également et surtout favorisé l’émergence d’un précieux corridor écologique se dessinant sur deux kilomètres de longueur. Celui-ci est devenu l’armature d’une stratégie paysagère à grande échelle présentant à lui seul un triple atout.

Produire des équilibres : entre ville dense et nature, entre hier et demain.

Cette séquence offre en effet le plaisir et le luxe de la présence de la nature en cœur de ville et sa morphologie, longue et traversante, en fait presque naturellement un trait d’union reliant le territoire. Enfin, loin d’être uniforme et monotone, ce corridor offre des séquences paysagères riches et diversifiées.

« Campus-Gare » s’appuie donc sur cette armature que nous proposons d’amplifier afin d’en faire un élément porteur du projet et de la faire exister pour le plus grand monde. La nature et le déjà-là s’imposent en éléments forts de l’écriture de la ville de demain.

Un projet urbain ambitieux : centralité urbaine forte et espace ouvert sur le territoire

Le projet offre un nouveau statut à l’espace de la gare. Celui-ci n’est plus seulement un espace de transit (un « quartier de la gare ») mais il devient le barycentre d’un lieu de vie à part entière, véritable quartier, dynamique et amène, capable de proposer tout le confort d’un espace métropolitain urbain : programmes de bureaux, campus universitaire, logements, brasseries et autres services qui leur sont associés.

Le quartier est à la fois au cœur des développements qu’il valorise et impulse (entre métro et train mais aussi modes de déplacement doux qu’il favorise). Il devient également un lieu à vivre qui propose une diversité de situations urbaines riches, tant dans leurs offres que dans leurs paysages urbains.

Le projet s’empare du positionnement privilégié du site à l’échelle de la ville et travaille à retisser des liens entre des espaces que la présence des voies divisait : entre les deux rives des voies SNCF (la jonction des quartiers Est et Ouest), entre le centre-ville et les quartiers périphériques (la Mackellerie, l’Alma, le Fresnoy).

« Campus-Gare » tient ces deux exigences d’une centralité urbaine forte au cœur des flux, d’un espace ouvert et inscrit dans le grand territoire.

Le quartier devient un acteur primordial de la scène de Roubaix. Il s’installe dans le prolongement direct de l’axe structurant que représente l’Avenue Jean Lebas, espace public majeur qui s’amorce autour de la mairie et de sa magistrale place et s’étire le long de séquences architecturales de très grande qualité comme le Musée de la Piscine. Mise en scène par cette perspective dont elle est le point de fuite, la Gare est ouverte sur l’Avenue Jean Lebas par un parvis. En contrepoint, une passerelle prolonge l’espace public par-delà les voies SNCF pour rejoindre la place Isebaert, espace emblématique du renouveau du secteur Ouest.

Le projet « Campus-Gare » ne vise pas seulement à régénérer un site en déshérence, mais il opère un véritable renouveau à l’échelle de la ville et engendre un saut qualitatif, tant à l’échelle du quartier qu’à l’échelle métropolitaine. Il s’agit aujourd’hui d’en faire un véritable continuum urbain qui donnera un nouveau statut à ce quartier. La conception du projet urbain autour de la gare est un enjeu à la fois en termes de centralité mais aussi de mixité des fonctions. Dans une stratégie sur le long terme, le développement de ce nouveau quartier apparaît de nature à conforter à la fois la fonction prioritaire de ce pôle intermodal de la Gare, mais également d’insuffler renouveau et dynamisme à de nouveaux territoires proches du centre-ville actuel.

Donner sens à l’entrelacs d’espaces bâtis et paysagers

Le site présente actuellement deux morphologies urbaines héritées des contextes existants. L’identification de ces deux secteurs appelle des constructions différenciées, à la fois dans leur forme et dans leur programmation, soucieuses d’exprimer ces singularités.

Le projet propose donc deux situations urbaines identifiables reliées par l’espace de la gare et le corridor végétal autour desquels elles viennent se poser. Ces deux pièces urbaines s’enroulent chacune autour d’un espace public propre, à dominante minérale (autour de la cour de la petite vitesse) pour l’îlot Campus et à dominante paysagère autour d’un espace central paysager, pour le secteur Ouest.

Ce nouveau quartier offrira une véritable mixité de programmes, devenant lieu de vie amène et tranche de ville métropolitaine contemporaine, tant par les services et équipements proposés que par sa morphologie. « Campus-Gare » refait non seulement la ville dans un espace aujourd’hui délaissé, mais il offre également un dynamisme et une vitrine urbaine qui dépassent l’échelle du site pour s’étendre aux quartiers environnants et plus largement à la Métropole Roubaisienne.

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Maîtrise d’ouvrage

— SEM Ville renouvelée

Surfaces

— 138 695 m2

— Programme : 54 115 m2

Co-Traitant(s)

— Isabelle MENU, Luc SAISON architectes urbanistes mandataires

— Symoé / Bureau d’étude environnement

— OGI/Bureau d’étude VRD

— Agence TER/Paysagistes

Chef(s) de projet

— Quentin Gerard

— Louise Descamps

Perspectives

— POLAROÏD / Yann Debril

Mission

— Urbaniste en chef de l’aménagement de la concession du quartier de la gare, à Roubaix